La Chevrolet Impala 1967 automatique reste l’une des berlines américaines les plus recherchées sur le marché de la collection. Avec plus de 575 600 exemplaires produits cette année-là, l’offre paraît abondante, y compris en Europe. Cette disponibilité apparente masque des écarts considérables entre les exemplaires proposés, et plusieurs erreurs d’achat ne se révèlent qu’après la transaction, quand le budget de remise en état explose.
Carte grise collection et ZFE : le piège administratif qui change tout
Avant même d’inspecter la mécanique, la question du statut administratif conditionne l’usage réel d’une Impala 1967 en France. Depuis le durcissement des Zones à Faibles Émissions dans plusieurs grandes agglomérations, les véhicules en carte grise collection bénéficient d’un régime dérogatoire permettant de circuler là où les Crit’Air classiques sont restreints.
Le problème survient avec les exemplaires fortement modifiés. Une Impala 1967 équipée d’un moteur LS moderne, d’une boîte automatique récente ou d’un échappement non conforme à l’origine risque de perdre son attestation FFVE. Sans ce document, pas de carte grise collection, et donc pas d’accès privilégié aux ZFE.
Concrètement, un acheteur qui cible une Impala « restomoded » pour rouler en ville s’expose à une interdiction de circulation dans les centres urbains les plus restrictifs. Vérifier la conformité de l’auto à son état d’origine, ou au minimum s’assurer que les modifications restent compatibles avec l’attestation FFVE, constitue un préalable à toute négociation.

Turbo Hydra-Matic 350 ou Powerglide : choisir la bonne transmission pour un usage régulier
Chevrolet proposait deux boîtes automatiques sur l’Impala 1967 : la Powerglide à deux rapports (associée aux six cylindres et petits V8) et la Turbo Hydra-Matic 400 à trois rapports (réservée aux V8 plus puissants). Les retours d’expérience récents pointent vers une troisième option que les vendeurs ne mentionnent pas toujours.
Pour un usage régulier, voire quotidien, la Turbo Hydra-Matic 350 offre un meilleur compromis que la Powerglide d’origine. Plus légère que la TH400, elle propose trois rapports et reste mécaniquement simple. Elle se monte sans modification majeure du tunnel de transmission.
En revanche, un exemplaire vendu avec une Powerglide d’origine dans un état correct conserve davantage sa valeur de collection. Le choix dépend de l’usage visé :
- Pour un véhicule de collection roulant occasionnellement, la Powerglide d’origine préserve l’authenticité et la cote
- Pour un usage fréquent sur route, la TH350 apporte un confort de conduite supérieur grâce au troisième rapport
- La TH400 reste pertinente sur les gros V8 à couple élevé, mais son poids et son encombrement ne se justifient pas sur un petit bloc
Un vendeur qui présente une Powerglide remplacée par une TH400 sans raison mécanique claire devrait éveiller la méfiance : ce type de swap peut indiquer une transmission d’origine défaillante remplacée à moindre coût par ce qui était disponible.
Rappels constructeur et défauts récurrents sur l’Impala 1967
Deux rappels de sécurité NHTSA documentés concernent directement les Impala de cette génération. Le premier (campagne 71V235000) porte sur une perte inattendue de la commande des gaz, susceptible d’entraîner une perte de contrôle du véhicule. Le second (campagne 69V030000) concerne le système d’échappement, avec un risque d’empoisonnement au monoxyde de carbone dans l’habitacle.
Ces rappels touchaient un volume massif de véhicules. Sur un exemplaire donné, rien ne garantit que les correctifs ont été appliqués, surtout après plusieurs décennies et de multiples changements de propriétaires.
Points à vérifier avant la vente
Le système d’échappement mérite une inspection complète : joints de collecteur, état des tuyaux, étanchéité au niveau du plancher. Sur une voiture de cette époque, un échappement percé ou mal raccordé n’est pas qu’un bruit, c’est un danger pour les occupants.
La commande des gaz (câble, ressort de rappel, articulation du carburateur) doit fonctionner sans point dur ni jeu anormal. Un accélérateur qui colle ou qui ne revient pas franchement au ralenti sur un essai routier signale un problème non résolu depuis plus de cinquante ans.

Impala 1967 importée des États-Unis : coûts cachés à anticiper
La majorité des Impala 1967 disponibles en France proviennent d’importations américaines. Le prix affiché par le vendeur ne reflète pas toujours le coût total de mise en conformité.
Les droits de douane et la TVA peuvent représenter jusqu’à 30 % de la valeur du véhicule à l’importation. À cela s’ajoutent le transport transatlantique, l’homologation DREAL et les frais de carte grise.
- Exiger les justificatifs de dédouanement et le quitus fiscal si le véhicule a été importé récemment
- Vérifier que l’homologation DREAL a bien été obtenue, et non simplement « en cours »
- Contrôler la cohérence entre le numéro VIN, les documents américains (titre de propriété) et la carte grise française
- S’assurer que le vendeur peut fournir un historique d’entretien, même partiel, traçable via le VIN
Un exemplaire vendu sans quitus fiscal ou avec une homologation incomplète peut sembler moins cher à l’achat. Les frais de régularisation, eux, ne sont jamais négociables auprès de l’administration.
Essai routier d’une Impala 1967 automatic : ce que la transmission doit (et ne doit pas) faire
L’essai routier reste le filtre le plus fiable. Sur une boîte automatique de cette époque, certains comportements sont normaux, d’autres signalent une réparation coûteuse.
Un léger temps de réponse au passage Drive est attendu sur une Powerglide ou une TH400 des années 1960. En revanche, un choc brutal au passage de rapport indique des embrayages internes usés. Un patinage en montée ou en accélération franche traduit le même problème.
La couleur et l’odeur du fluide de transmission donnent aussi des indications. Un fluide brun foncé ou qui sent le brûlé signifie que la boîte a surchauffé, probablement de façon répétée. Le coût d’une reconstruction complète de TH400 ou de Powerglide dépasse largement ce que la plupart des acheteurs anticipent.
Un vendeur qui refuse un essai routier prolongé, ou qui limite l’essai à un parking, protège probablement un défaut de transmission. Aucune Impala 1967 automatique ne devrait s’acheter sans un trajet d’au moins vingt minutes, incluant des phases d’accélération, de côte et d’arrêts répétés en circulation.

